Gestion des graminées d’hiver dans les céréales : pourquoi viser une efficacité maximale du désherbage ?
On estime que 25 graminées hivernales/m² entraînent une perte de rendement de l’ordre de 5 %. À très court terme, et en ne considérant que l’impact sur le rendement, on pourrait se satisfaire d’une efficacité moyenne du désherbage pour rester sous ce seuil.
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Plusieurs éléments imposent une maîtrise stricte des graminées
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Les populations de ray-grass et de vulpin sont de plus en plus difficiles à contrôler dans la rotation.
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Avec un taux de décroissance naturel de 50 à 70 % selon les sols, chaque année sans ré‑agrainage permet de réduire fortement le stock grainier.
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Des levées échelonnées de ray-grass sont observées lors d’hivers doux.
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Les épis d’adventices constituent un relais de dissémination de l’ergot, dont les sclérotes contiennent des alcaloïdes toxiques pouvant déclasser totalement la récolte.
Origine de l’ergot
L’ergot observé à la moisson provient de la germination des sclérotes présents dans le sol ou introduits lors du semis. Les premières spores issues de cette germination primaire infectent les épis les plus précoces (cultures, ray-grass, vulpin).Les épis contaminés produisent un miellat contenant de nouvelles spores, qui infectent à leur tour les graminées en floraison…Comme pour la gestion des adventices, un labour après une forte attaque permet de réduire la pression l’année suivante. Attention : un labour systématique peut réactiver la germination des sclérotes ou des graines en les ramenant en surface.
Rattrapage du désherbage en sortie d’hiver
En présence de sclérotes et d’une population de graminées adventices installée, un complément de désherbage peut être envisagé. Dans tous les cas, il doit être réalisé, si les conditions le permettent, avant l’application de l’engrais azoté minéral et sur des stades jeunes.
Plusieurs situations possibles :
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Si la majorité des adventices ne dépasse pas le stade 3 feuilles, un complément de solutions racinaires peut être envisagé. Il faudra tenir compte des températures à venir, notamment en orge.
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Au-delà du début tallage, seules les solutions foliaires sont potentiellement efficaces sur blé. En complément d’un programme racinaire d’automne, certaines familles chimiques comme les sulfonylurées peuvent présenter une action résiduelle intéressante, permettant de se rapprocher des 100 % d’efficacité (en fonction de l’historique parcellaire).
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Passé fin tallage, il n’existe plus aucune solution réellement efficace.
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